Enseignement supérieur : rien ne va plus !

Budgets dans le rouge

Les universités françaises sont très majoritairement dans le rouge. Ce n’est pas un hasard, ou un cumul d’erreurs de gestion (qui auraient été faites toutes en même temps). C’est un choix délibéré du ministère depuis des années d’assécher les réserves des établissements du supérieur pour accentuer leur pouvoir sur ces établissements.

Ces situations difficiles vont se traduire par deux types de mesures :

  • diminution des emplois titulaires et/ou contractuels : gels de postes, campagnes de recrutement blanches, plans sociaux (non-renouvellement de CDD) qui peuvent être très massifs
  • diminution de l’offre de formation (donc moins de place pour les lycéen·nes pour accéder à l’enseignement supérieur public) pour diminuer le nombre d’heures enseignées / payées

Dans les faits, nous constatons la baisse de 30 % sur 2 ans des postes ITRF mis au concours. Cela n’est pas un hasard mais la conséquence directe de ces difficultés !

Le retour des vieilles recettes

Pendant ce temps, le gouvernement et le ministère amusent la galerie avec des assises du financement, qui ont un objectif simple : rendre les universités responsables de leur situation. On sort de 10 ans d’autonomie catastrophique, qui ont amené la plupart des université dans le rouge et la recette serait plus d’autonomie ? Ou la dévolution du patrimoine immobilier ? Que des vieilles recettes qui ne règlent rien. Quand aux frais d’inscription, marotte idéologique des puissants, ils pèsent de façon marginale dans les budgets de nos établissements. Au delà d’être totalement injuste pour les jeunes concerné·es, la mesure est loin d’être efficace , ce qui n’empêche pas le gouvernement d’imposer une augmentation importante des frais d’inscription pour les étudiant·es hors union européenne, malgré l’opposition syndicale unanime.

Aggravation de la précarité

Corollaire des baisses de concours, la part des contractuel·les et de la précarité augmente d’année en année chez les BIATSS : on dépasse pour l’ESR désormais les 44 % du personnel. Cela met dans la précarité de nombreux agent·es, mais cette instabilité affecte aussi les titulaires qui doivent former les nouveaux collègues en permanence. Le service public et sa qualité ont besoin de stabilité et de perspective.

Repas à 1 euro

Dans les Crous, la généralisation du repas à 1 euro pose des difficultés. En effet, l’enveloppe prévue pour cette mesure est très inférieure à la perte de recettes pour les CROUS. Par ailleurs et surtout, l’augmentation de fréquentation qui devrait en découler n’a été en aucune façon anticipée de manière adaptée… c’est un plan humain ambitieux qui aurait dû accompagner la mesure avec des recrutements permettant de ne pas dégrader le service offert aux étudiant·es, et les conditions de travail des personnels.

Sur tous ces sujets, le secteur SUP du SNASUB-FSU coordonne les actions dans les différents établissements du supérieur, vient en appui des équipes locales, et éclaire les instances du syndicat sur les sujets dédiés.
La première mobilisation de l’année est prévue le 15 septembre, à l’appel de l’intersyndicale du supérieur, contre l’instauration des frais différenciés et pour défendre le financement public de l’ESR.

N° 315 — Septembre 2026

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Cet article est la rubrique 6 sur 11 du Convergences N° 315 — Septembre 2026