Les couloirs sont longs. Les néons bourdonnent faiblement au-dessus des bureaux. Derrière les écrans, les agents enchaînent les dossiers, les mails urgents, les appels sans réponse. Certains baissent les yeux. D’autres soupirent discrètement avant de reprendre leur tâche. Ici, une imprimante encore en panne. Là, une chaise usée accueillant des usagers du service public. Plus loin, un collègue hésite avant d’oser pousser la porte d’un supérieur hiérarchique. Dans plusieurs services du rectorat de Martinique, la souffrance au travail n’est plus une impression : elle est devenue une réalité quotidienne.
C’est dans ce contexte que le SNASUB-FSU Martinique a décidé d’agir.
À travers les audiences des 16 avril, 23 avril et 12 mai 2026 avec la gouvernance académique, notre organisation syndicale a porté avec force la parole des personnels, notamment ceux de la DEC et de la DLE, confrontés à des difficultés managériales, à une dégradation des conditions de travail et à un manque criant de reconnaissance.
Le SNASUB-FSU Martinique n’a pas choisi le silence. Il a choisi l’écoute, l’alerte et l’action.
Face aux remontées des collègues, plusieurs revendications ont été clairement exprimées : amélioration de la réactivité administrative, accompagnement des agents en difficulté, clarification de certaines situations contractuelles, mais aussi reconnaissance de l’expertise des personnels administratifs trop souvent invisibilisés.
Et soudain, quelque chose se fissure.
Lors des échanges, les langues se délient. Les organisations syndicales décrivent des agents épuisés, des tensions managériales, des risques psychosociaux, mais aussi un profond besoin d’humanité dans les relations professionnelles. On parle de collègues qui n’osent plus signaler leurs difficultés par peur des représailles. On évoque des services cloisonnés, des équipes isolées par la dématérialisation et le télétravail. Dans la salle, chacun comprend alors que derrière les procédures et les organigrammes, il y a des femmes et des hommes qui tiennent encore debout malgré la fatigue.
Le SNASUB-FSU Martinique a obtenu que ces réalités soient enfin entendues.
Des mesures immédiates ont été engagées : accompagnement de certains bureaux de la DEC par la DACEP, amélioration du suivi des demandes des personnels, réflexion sur la qualité du management et lancement d’un travail collectif autour de la qualité de vie au travail.
Mais au-delà des annonces, le véritable enjeu reste celui du changement durable. Car les personnels n’attendent pas seulement des questionnaires ou des ateliers. Ils réclament du respect, des moyens humains, une organisation du travail cohérente et une reconnaissance réelle de leur engagement quotidien. Ils demandent que la parole libérée ne soit pas simplement recueillie… mais suivie d’effets.
Le SNASUB-FSU Martinique continuera donc à porter ces exigences avec détermination. Notre syndicat restera vigilant sur les engagements pris par l’administration : formations adaptées, amélioration des pratiques managériales, prise en compte des conditions matérielles, prévention des risques psychosociaux et participation réelle des agents aux décisions qui concernent leur travail.
Dans les bureaux du rectorat, les ordinateurs continueront de s’allumer chaque matin. Les dossiers continueront d’arriver par dizaines. Mais désormais, une autre dynamique peut émerger : celle d’agents qui refusent l’isolement et d’un collectif qui relève la tête.
Et dans ce combat pour la dignité au travail, le SNASUB-FSU Martinique restera aux côtés des personnels.

