Redéploiement des emplois informatiques : un marché de dupes

Comme l’indique la Direction du Numérique Educatif (DNE), « il est nécessaire de conforter, dans les régions académiques, les missions nationales sur lesquelles s’appuient la DNE et dont la charge augmente chaque année ». Ce constat ne peut qu’être partagé mais pas les propositions faites pour y parvenir : un redéploiement de 110 ETP ITRF des régions académiques vers les équipes nationales programmé sur 4 ans.

Certes, les projets nationaux d’envergure sont réels : messagerie, plateforme d’hébergement académique (PHAC), applicatifs métiers centralisés… Certains sont bien engagés, d’autres accusent des retards conséquents mais tous nécessitent (ou nécessiteront), à l’échelon académique, des personnels à même de les faire fonctionner ou les accompagner auprès des usagers.

Or, le ministère engage les redéploiements alors même que les gains envisagés à terme ne sont pas effectifs… s’ils devaient l’être un jour. Par exemple, renforcer l’équipe en charge de la future messagerie nationale est un impératif. Le faire en déshabillant les équipes académiques qui seront en charge des messageries académiques jusqu’à leur extinction et sans renforcer les équipes académiques d’assistance qui le seront ensuite est suicidaire pour ces infrastructures sensibles.

En clair, « Les projets nationaux libéreront des postes dans les académies à terme… donc je les reprends dès maintenant ».

Dans le même temps, la DNE se garde bien d’évoquer les impacts négatifs, pour les académies, des projets nationaux tels que la dématérialisation (Colibris) ou l’intelligence artificielle. Les équipes académiques sont sursollicitées et peinent, avec les effectifs actuels, à faire face à la demande. Dématérialisation et appui automatisé aux équipes RH étant l’alpha et l’oméga de la DNE, la demande croissante sera impossible à satisfaire sans renfort…

Et que dire du vide sidéral quant à l’identité de région académique dont la DNE ne s’est jamais véritablement emparée : 5 ans après la création de ces entités, chaque académie continue de faire comme elle peut pour permettre aux personnels des services régionaux de travailler au jour le jour. Constat malheureusement récurrent tant les annonces politiques (Pacte, lutte contre le harcèlement…) ne sont jamais suivies d’outils permettant de les mettre en œuvre localement…

Soulager les équipes nationales en pénalisant les équipes académiques est irresponsable. Le ministère doit se donner les moyens de ses ambitions, les personnels méritant mieux que des bricolages à la petite semaine !

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Cet article est la rubrique 12 sur 15 du Convergences N° 304 — Février 2025