L’académie de Toulouse traverse une crise sans précédent. Les personnels de l’académie sont privés de leurs outils de travail depuis plus d’un mois. S’ils ont pu réinitialiser le mot de passe de leur compte personnel. Pas grand-chose ou presque ne fonctionne. Lundi 21 septembre nous avons eut droit au retour de la messagerie électronique (pas très stable dans un premier temps) Pour la plupart d’entre nous, c’est peanuts! Toujours pas d’adresses fonctionnelles opérantes, SIECLE, Op@le, bourses, Cyclades, etc. Nous prenons donc d’énormes retards dans le traitement des dossiers.
Si nous tenons compte du report des élections des représentants des parents d’élèves aux CA des EPLE après les congés d’automne. La rentrée des vacances s’annonce particulièrement difficile.
La situation devient critique dans l’académie. Les collègues se voient privés de leurs outils de travail et, de fait, leur travail est empêché. En service par exemple, les collègues sont dans leur bureau devant des écrans noirs. Seuls quelques ordinateurs (sécurisés) venant de l’académie de Montpellier sont à disposition. En EPLE, les enseignants veulent partir en voyage, les fournisseurs veulent être payés, les parents veulent savoir combien ils doivent pour la cantine, les chefs d’établissement les équipes éducatives font des projets… Pendant ce temps, le recteur communique, tout va bien nous maîtrisons la situation, nous sommes aux côtés des personnels. Autour de nous, administratifs, tout le monde agit comme s’il ne s’était rien passé. Car, bien sûr, nous avons trimé pour assurer la meilleure rentrée possible aux élèves et aux personnels. Cela pèse de plus en plus sur le moral des agents. Certains craquent et il faut éponger les pleurs. Car non, tout ne va pas bien, il a fallu s’adapter dans l’urgence, maintenir des bases de données à la main, trouver des moyens de communication, faire des listes des travaux à faire à la reprise des systèmes, etc. Tout cela fait sans cadre, sans instruction et information claire, faisant peser la responsabilité des choix sur chaque élément de la chaîne. (Je ne m’étendrai pas sur les errements hors RGPD du à des échanges de données via gmail, whatsapp…)
Le sentiment d’impuissance des agents et celui de l’abandon de la part de l’État est prégnant. Surtout que se rajoute à cela le non remplacement des absents, les promesses de CIA dont nous savons l’opacité dans sa distribution, les annonces budgétaires du gouvernement, la hausse du carburant…
Pourtant, il nous est demandé d’assurer la continuité du service public. Par exemple, il est demandé à un groupe de travail de comptables de chercher le moyen de faire tourner la machine financière des établissements malgré l’absence des outils métiers. Tous les bricolages en cours nécessiteront une régularisation dans les systèmes d’information dès leur remise en service (double travail) Et surtout, ils sont à l’opposé des discours sur le contrôle interne et la sécurité des données. Ce n’est pas grave, le service public d’abord ! Oui, mais à quel prix ? Combien de personnels vont encore nous quitter, combien auront besoin de soins ? Combien d’erreurs de gestions ?
Pour nous, agent·es de l’académie de Toulouse, notre première demande est le retour de nos outils. Ensuite, d’une part, l’institution devra reconnaître et rémunérer le travail fait, et d’autre part, des comptes devront être rendus sur les faiblesses des systèmes d’information qui conduisent à l’aggravation des conditions de travail des agents et ne l’oublions pas à une fuite massive de données.

