Dressons le décor
Malgré la loi de 2018, les Régions sont insatisfaites de leur champ d’action en matière d’orientation. Aussi Région de France prépare pour cet automne, nous dit-on, le coup de grâce, à travers la seconde phase de décentralisation : obtenir la suppression de nos délégations territoriales.
Mars 2026, le ministère trouve la parade
Intégrer plus étroitement les missions de l’Onisep aux services d’information et d’orientation des académies, les SAIO, avec qui des collaborations existent déjà dans la plupart des cas. Les agents et agentes continueront à exercer les mêmes missions, ou presque… mais ils et elles seront protégé.es, puisque désormais personnels d’académie.
Et justement, dans chaque ministère vient d’être nommée une « Mission État Efficace » (la MEE, chargée de couper dans les budgets) : c’est elle qui sera à la manœuvre !
À marche forcée, 78 agent·es de l’Onisep vont changer d’employeur
Le MEN décide donc du transfert des agents de l’Onisep des délégations territoriales. Au 1ᵉʳ septembre, 78 personnes devront changer d’employeur.
L’annonce arrive dans les couloirs le 24 mars. Le 25, le tout récent directeur, Olivier Sidokpohou, ouvre une réunion d’échanges avec les deux organisations syndicales, SNASUB-FSU et SNPTES. Le lendemain, l’annonce est officialisée en CSA.
Immédiatement, il nous paraît évident de fonctionner en intersyndicale. Dès le vendredi 27 mars, nous organisons une AG des personnels en visio. Dès ce jour-là, nous recueillons une centaine de questions, qui seront complétées lors de notre seconde AG du 16 avril. Au total, c’est un tableau de 130 questions que nous pouvons transmettre à la direction. Nous en tirons nos revendications, nos « lignes rouges » à faire respecter. Nous publions un communiqué de presse (cf. Convergences 313).
Dans les deux mois qui suivent, nous enchaînons les réunions. Réunions de service, réunions de l’ensemble des personnels par la direction, un comité de suivi OS-direction par quinzaine, deux rencontres avec Stéphane Aymard de la MEE, des groupes de travail thématisés. Nous obtenons une F3SCT extraordinaire.
Une mise en œuvre de plus en plus complexe, à réaliser en 4 mois ?
La date du 1ᵉʳ septembre semble le seul élément tangible du scénario. Tout le reste est flou : 8 statuts différents à gérer ; quels changements dans nos conditions de travail ? dans nos rémunérations ? qui sera notre n+1 ? quelle progression de carrière ? L’Onisep et les académies utilisent des outils informatiques souvent incompatibles, alors quelles solutions informatiques ? etc.
Nos arrêtés d’affectation sont prévus pour la mi-juin, alors que beaucoup trop de questions seront encore sans réponse, pour des impacts forts sur nos vies professionnelles et personnelles.
Nous découvrons aussi une grosse faille dans le système : pas d’abondement de budget pour les académies, déjà en difficultés. Comment nous payer en septembre ?
On nous promet trois documents de cadrage, mais ils tardent à venir. On commence à se dire que la Mission État Efficace a du mal à trouver toutes les solutions… ça coince quelque-part !
Et le dialogue social ?
Nous sommes lassés du mode de dialogue avec notre direction ou la MEE, qui se félicitent de toutes nos questions et remarques. Ils nous demandent constamment de faire confiance, nous leur faisons découvrir quelques problèmes dans le scénario. En comité de suivi, pas d’ordre du jour, pas de compte rendu ni de relevé de décision. On nous refuse une présence syndicale dans les réunions en académie qui commencent à se mettre en place sans cadrage, et nous y constatons quelques dérives problématiques. Nous n’avons toujours pas de CSA sur le sujet (ni de CSA-MEN). Non, nous ne voulons plus nous contenter de « faire remonter » les questionnements !
Un report de quatre mois ? Mettons-le à profit !
Nous venions juste de faire savoir notre lassitude à la direction et à la MEE. Comme en mars, l’annonce arrive par les couloirs : tout est repoussé de quatre mois, le transfert se fera au 1ᵉʳ janvier 2027. Nous sommes tous et toutes, mais très provisoirement, soulagé·es. Les problèmes demeurent, tout est à mettre en œuvre, chaque situation personnelle doit être négociée au mieux disant, nos missions doivent être perennisées.
Aussi, nous préparons un véritable « dialogue social », pour le CSA puis le CA, dès juin.

