Arrêt de l’Institut Régional d’Occitanie à l’université Toulouse-Jean-Jaurès : qui veut tuer son chien, l’accuse d’avoir la rage

Depuis maintenant près de 4 ans la direction de l’université Toulouse Jean Jaurès, et finalement avec l’appui du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) a décidé de tout mettre en œuvre pour détruire l’Institut Régional du Travail d’Occitanie (IRT).

Après avoir empêché l’IRT d’élire une direction d’institut en 2021, puis supprimé le seul poste d’enseignant-chercheur en 2022, gelé l’accord contrat de plan État-Région qui développait une antenne de l’IRT à Montpellier (100 000 euros de subvention), la direction de l’université a méthodiquement saboté les négociations avec les organisations syndicales qui se sont ouvertes sous l’égide du recteur délégué de l’ESR. Dans le même temps, elle a lancé une grande campagne de dénigrement de l’IRT, de ses missions, de ses enseignements, de son équipe, au sein de l’université et à l’extérieur dès 2021. Aujourd’hui, se cachant derrière un rapport d’audit du ministère de l’ESR, aussi partial que partiel, et reprenant in extenso le discours de la direction de l’université, la présidente de l’Université Toulouse Jean Jaurès peut enfin annoncer la suspension des activités de l’IRT et réussit à lui porter un coup qu’elle pense fatal.

Et c’est ainsi que vendredi 1ᵉʳ mai 2026, sur son ordre, l’IRT suspendra sine die l’ensemble de ses activités et de ses missions. Toutes les formations sociales, environnementales et syndicales qui devaient être assurées jusqu’en décembre 2026 seront annulées, l’accompagnement à la Validation des Acquis et de l’Expérience de dizaines de candidat·es syndicalistes, associatifs et élu·es territoriaux s’arrêtera. Et les contrats de travail des salariées qui ne seront pas renouvelés, ils prendront fin eux aussi au premier mai.

La fermeture programmée de l’IRT, avec l’assentiment du ministère de l’ESR, ne doit pas nous surprendre. Elle s’inscrit dans l’accélération et la radicalisation des attaques de plus en plus brutales contre l’université publique menées par le gouvernement Macron et dont la présidente se fait le relais. Des attaques budgétaires et organisationnelles comme nous le voyons aujourd’hui avec la suppression drastique des moyens de toutes les composantes de l’UT2J. Des attaques politiques avec la volonté d’initier des chasses aux sorcières contre les savoirs émancipateurs et d’instaurer une chappe de plomb sur la communauté universitaire. Contrairement à ce que voudrait faire croire celle qui se présente comme un rempart face à la « trumpisation » du monde et à l’attaque généralisée contre les sciences, la présidente de l’UT2J, dans l’atmosphère feutrée des ministères ou de son bureau, n’hésite pas à écraser de tout son mépris un institut dont le principe premier était celui de l’éducation populaire et émancipatrice au service des salarié.es et des responsables syndicaux. Car au fond, au-delà des mensonges et des contre-vérités assénées depuis des mois, ce qui est reproché à l’IRT, c’est d’être un institut universitaire pas comme les autres car co-dirigé par des organisations syndicales et dont les formations sont coconstruites avec elles.

Plutôt que de s’opposer à un gouvernement qui n’a qu’un seul objectif, détruire l’université publique, la présidente de l’Université Toulouse Jean Jaurès préfère abattre l’IRT un 1ᵉʳ-Mai, journée internationale des travailleuses et des travailleurs. Quel glorieux tableau de chasse !

Le SNASUB-FSU, avec l’intersyndicale de l’UT2J et l’ensemble des organisations syndicales administratrices de l’IRT et de son équipe, ne laissera rien passer. Nous combattrons avec détermination cette attaque inacceptable. La présidente de l’université devra en assumer toutes les conséquences politiques jusqu’au dernier jour de son mandat. Il s’agit d’une atteinte grave et intolérable aux libertés syndicales, et nous refusons qu’elle ouvre la voie à une remise en cause plus large des IRT sur l’ensemble du territoire.

La pétition : https://framapetitions.org/petition/user/SAUVER.IRT/il-faut-sauver-linstitut-regional-du-travail-doccitanie

N° 313 — Mars-avril 2026

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Cet article est la rubrique 15 sur 15 du Convergences N° 313 — Mars-avril 2026