La réforme de la formation initiale implique l’organisation de deux sessions parallèles, pour 2026 et 2027 : une session niveau bac+5 et une session niveau bac+3, qui elle est destinée à être pérennisée.
La DGRH, qui « pilote », n’a rien prévu pour permettre aux DEC d’assurer cette monstrueuse surcharge de travail. Les concours enseignants constituent 80 % de la charge de travail d’un bureau des concours. Le CRPE (concours de recrutement des professeurs des écoles) est le concours le plus lourd à organiser, puisque les académies les organisent de A à Z. Les bureaux de concours doivent en organiser 2 au printemps 2026, qui impliquent la correction de milliers de copies, l’évaluation de centaines de candidats admissibles. Des postes supplémentaires (provisoires bien sûr) ont, ici ou là, pu être ajoutés.
Lors d’une session normale, les équipes sont tenues d’assurer des permanences très tôt le matin, parfois tard le soir. Les épreuves commencent à 9 h, les candidats arrivent à partir de 8 h. Les personnels des DEC doivent gérer l’installation du centre d’épreuves, en lien avec les surveillants, embauchés pour l’occasion. Les gestionnaires arrivent au rectorat souvent avant 7 h puis se rendent sur le centre d’épreuves avec les sujets et le matériel, où elles retrouvent les surveillants. Certaines épreuves durent 7 h, avec les candidats bénéficiant de 1/3 temps, on arrive vite à des fins d’épreuves à 19 h. Les premiers écrits commencent mi-janvier, les derniers ont lieu mi-avril. Viennent ensuite l’organisation des oraux du CRPE, des concours administratifs et des ITRF. La session se termine fin juin.
Un turn-over important est constaté sur les postes de gestionnaires des bureaux des concours (mais aussi sur les postes de chef de bureau), parce que le rythme est difficile à soutenir, difficilement compatible avec une vie de famille, par la nature des missions, à forte responsabilité et des heures supplémentaires difficiles à récupérer. Si une erreur intervient (en ouvrant ou distribuant un mauvais sujet par exemple) ce sont toutes les académies et tous les candidats qui en subissent les conséquences. L’épreuve doit alors être reprogrammée pour tout le monde : candidats reconvoqués ultérieurement, salles à réserver de nouveau… Alors que la session 2026 est en cours, deux épreuves de concours enseignants ont déjà dû être annulées et reportées.

