Poursuite du redéploiementdes emplois informatiques

Un mauvais tour de passe-passe pour les ITRF de l’enseignement scolaire

Malgré nos alertes émises début 2025, la direction ministérielle persiste dans sa dégradation continue des conditions de travail des équipes académiques. Il est certes nécessaire de renforcer les équipes nationales en souffrance au regard des vastes chantiers engagés. En revanche, le tour de passe-passe consistant à transférer des emplois vers le national en échange de souffrances vers les académies est irresponsable. La continuation du redéploiement de 30 emplois ITRF des équipes académiques vers les équipes nationales en 2026 relève de l’entrave à l’engagement sans faille des agents exerçant en académie.

Dans son exposé des motifs, le ministère insiste sur les projets nationaux d’envergure (messagerie, plateforme d’hébergement académique (PHAC), applicatifs métiers centralisés) et n’a même pas pris la peine de corriger le texte de 2025… Certains sont engagés (PHAC), d’autres accusent des retards conséquents (messagerie) mais aucun n’allège la charge de travail des académies à la hauteur « vendue » par la DNE au ministère. Un outil ou un service « exploité à la maille nationale » dégage du temps de travail de façon marginale.

Par exemple, le projet PHAC, extrêmement chronophage dans sa phase initiale, ne dégagera au mieux que 0,1 ETP dans la région Hauts-de-France. Et c’est sans compter sur la nécessité de renforcer, à l’échelon académique, les équipes à même de les faire fonctionner ou d’accompagner l’usage auprès des personnels.

Le ministère continue les redéploiements alors même que les gains annoncés ne sont ni effectifs, ni réalistes. Par exemple, renforcer l’équipe en charge de la future messagerie nationale est un impératif. Le faire en déshabillant les équipes académiques qui seront en charge des messageries académiques jusqu’à leur extinction et sans renforcer les équipes académiques d’assistance qui le seront ensuite est suicidaire pour ces infrastructures sensibles.

Dans le même temps, le ministère continue de regarder ailleurs et se garde bien d’évoquer les impacts négatifs, pour les académies, de ses orientations nationales (dématérialisation, intelligence artificielle). À la limite de l’effondrement dans certaines régions académiques, les équipes peinent à faire face à la charge courante, encore moins aux nouvelles demandes. Le ministère doit se donner les moyens de ses choix, les personnels méritant mieux qu’un mauvais tour de passe-passe !

N° 312 — Janvier-Février 2026

Évolution des emplois prévus pour les services académiques (BOP 214) Financement des universités : des assises et des plans sociaux
Cet article est la rubrique 8 sur 18 du Convergences N° 312 — Janvier-Février 2026