Si les cyberattaques sont très fréquentes contre les systèmes d’information dans nos environnements professionnels, l’ampleur prise par celles ayant touché deux académies durant l’été est particulièrement spectaculaire… Et ses conséquences aussi.
Les directions ministérielle et académique ont notamment dû faire « débrancher » toutes les applications qui servent au fonctionnement quotidien de l’éducation nationale dans ces territoires, durant les mois d’été et sans qu’il ne soit possible qu’elles fonctionnent normalement lors de la rentrée scolaire de septembre.
à Toulouse, par exemple, plus de messagerie professionnelle, plus de bases élèves, plus d’accès pour faire les payes des personnels, plus d’Op@le non plus ! Le trou noir numérique complet ! Le recteur a été dans l’obligation de faire distribuer près de 55000 plis aux personnels de l’académie – réparti.es sur huit départements – pour qu’elles et ils soient en mesure de réinitialiser leur compte de messagerie dans des conditions de sécurité satisfaisante.
à Nantes et Toulouse, les personnels administratifs et ITRF, des services et des EPLE, ont donc dû exercer leurs missions dans des conditions extrêmement dégradées puisque sans leurs outils numériques supportant l’ensemble de la gestion et administration quotidienne de l’éducation nationale.
Elles et ils ont été dans l’obligation de multiplier les heures de travail supplémentaires pour que la rentrée des élèves se fasse et que les payes des personnels des mois de septembre et d’octobre soient réalisées, avec l’appui de collègues d’autres académies et des services des finances publiques.
Encore une fois, ces situations de crises aiguës montrent à quel point les personnels de nos filières jouent un rôle décisif dans le fonctionnement de l’éducation nationale. Elles et ils ont assuré la mise en œuvre des plans de continuité, rendant possible notamment la rentrée scolaire. Et elles et ils devront sans doute aussi
Évidemment, les remerciements « institutionnels » à leur endroit, ministériels ou locaux, sont de mise. On parle même d’une prime exceptionnelle que le secrétariat général du ministère dit étudier, sans préciser – malgré nos demandes récurrentes – ni son montant ni à qui elle pourrait être versée (quelle(s) catégorie(s) de personnels ?).
Évidemment, ces cyberattaques et leurs conséquences posent aussi la question d’une stratégie ministérielle de sécurité des systèmes d’informations, qui concerne notamment l’organisation et la rationalisation à l’œuvre actuellement de l’hébergement et de la centralisation des services numériques (messagerie, authentification, applications nationales).
Le SNASUB-FSU a participé avec la FSU aux réunions d’information des syndicats présents au CSA ministériel, ainsi qu’aux réunions organisées dans les académies concernées.
Notre exigence syndicale est claire : que l’information des personnels soit la plus transparente possible, en tenant compte évidemment des enjeux de sécurité ; que toutes les heures supplémentaires de travail – passées, présentes ou à venir – soient prises en compte.
Car il est sans doute temps, crise après crise, que la question des heures supplémentaires souvent perdues pour de nombreux collègues soient posées. Récupération, compte épargne temps, paiement, toute heure de travail mérite salaire !
C’est ce que nous devons exprimer avec force, avec les personnels, face à nos directions ! Les remerciements ne sauraient suffire, a fortiori dans ce contexte où le gouvernement ne cesse de maltraiter ses agent.es publics : salaires gelés, carrières bloquées, droits rognés…

