Un été à nul autre pareil !
Dès le mois de mai et jusqu’en septembre, la canicule 2026, a été la plus chaude jamais enregistrée en France et dans le monde depuis le début des mesures météorologiques. La série d’incendies particulièrement violents, qui ont singulièrement frappé le Var, la Gironde et même la forêt de Fontainebleau, ont ravagé plus de cent mille hectares, libérant 1,5 million de tonnes de carbone dans l’atmosphère. Ces événements ont montré une fois de plus l’état d’impréparation du gouvernement et de notre ministère face aux conséquences du changement climatique. L’austérité agit comme un phénomène aggravant ainsi que le montrent les annulations de crédits dédiés aux politiques environnementales. Et encore une fois, lorsqu’il s’agit de protéger les populations ou les personnels en place, c’est le choix politique du mutisme qui a été de rigueur. Entre annonces positives, annulation de décisions et reculade sur les enjeux écologiques, le gouvernement ne parvient pas à tenir le cap de l’intérêt général. Tel un Robin des riches, il prend aux pauvres pour donner aux riches.
Pourtant, le 28 mai dernier, le ministère de l’éducation nationale publiait un « Plan ministériel de gestion des vagues de chaleur ». Le plan, à décliner par chaque académie, prévoyait notamment une cartographie des établissements les plus exposés, des relevés de températures, des mesures pour les personnels vulnérables et des actions d’adaptation pour les bâtiments. Les organisations syndicales avaient pointé l’insuffisance des investissements et l’absence de cadre réglementaire fort pour l’État pouvant ouvrir des droits nouveaux pour les agent·es et les usager·es.
En termes de financement, le plan d’urgence canicule a été amputé de 71% de ses moyens, soit de 40 millions d’euros au cours de l’été, là où il faudrait un investissement de l’ordre de 5 milliards d’euros par an pendant dix ans pour adapter le bâti scolaire au changement climatique. Nous exigeons un financement de la rénovation et de l’adaptation du bâti scolaire, universitaire et des établissements de la Culture.
Par ailleurs, le ministère de l’Éducation nationale a fait l’objet d’une cyberattaque au cours de l’été qui a entraîné le vol et la mise en vente des données personnelles de près de 1,22 million d’élèves ainsi que de nombreux personnels. Les académies de Nantes et de Toulouse ont été les plus touchées. L’accès aux applications métiers – nos outils du quotidien – n’est toujours pas rétabli pour les collègues de l’académie de Toulouse, et seulement partiellement pour ceux et celles de l’académie de Nantes. Les outils de messagerie et de communication restent indisponibles ou fortement perturbés.
Les personnels de nos filières triment pour maintenir une continuité de service et rendre possible le fonctionnement de l’École au quotidien.
Une preuve supplémentaire que nous sommes indispensables au fonctionnement, à l’organisation et à la gestion du système éducatif, surtout en mode fortement dégradé.
Priver les personnels de tous leurs outils de travail, du jour au lendemain, n’est pas une situation acceptable. L’origine de cette situation devra être explicitée. Les collègues rendent comptent de leur travail au quotidien. Le gouvernement, l’État et ses services, et en particulier le ministère de l’Éducation nationale, doivent rendre compte des dysfonctionnements et faiblesses de nos systèmes d’information. Et, avec les personnels, ils doivent penser, mettre en place et financer les dispositifs nécessaires pour éviter de telles situations.
D’autres cyberattaques ont déjà eu lieu dans nos secteurs, visant des établissements du supérieur ou de la Culture (tout récemment la BPI). L’impréparation de l’état est patente.
Le SNASUB-FSU réaffirme sa solidarité avec l’ensemble des personnels qui œuvrent dans ces situations extrêmement difficiles. Il intervient sans relâche, avec eux et à tous les niveaux, ministériels et académiques, pour que l’ensemble des heures supplémentaires réalisées soient prises en compte : paiement des heures supplémentaires, récupérations, compte épargne-temps… L’engagement professionnel des collègues doit être reconnu, bien au-delà des remerciements d’usage et autres affichages compatissant de circonstance !
S’il fallait une preuve que nos métiers et nos missions sont au cœur du service public d’éducation, nous l’apportons chaque jour en rendant possible l’acte éducatif !
Un été où les attaques se poursuivent
Dans le même temps, le gouvernement poursuit ses attaques contre les droits des personnels, sous couvert d’économies dans la perspective des prochaines lois de finance 2027 :
- restriction des autorisations spéciales d’absences, notamment pour les enfants malades (décret n°2026-604 du 6 juillet 2026 relatif aux autorisations spéciales d’absence et aux aménagements horaires liés à la parentalité et à certains évènements familiaux dans la fonction publique et la magistrature.) ;
- renforcement des contrôles des personnels malades (décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 qui modifie en profondeur plusieurs règles relatives aux congés pour raisons de santé des agents publics.) ;
- diminution de l’indemnisation de rupture conventionnelle (décrets du 6 août 2026).
Une rentrée de mobilisations !
Le budget 2026 de l’État a été percuté par une inflation, qui n’a cessé de peser sur les finances des personnels, au point qu’il est déjà dépassé dans ses ambitions initiales. L’état a du apporter des aides pour certains secteurs professionnels très impactés par les coûts des transports.
En cette rentrée, l’inflation reste à un niveau élevé. Elle a atteint +2,4% en août, +2,1 % en juillet 2026 après +1,8% en juin. Le contexte international au Moyen-Orient est évidemment le prétexte invoqué par l’accélération de ces hausses, notamment des prix de l’énergie.
Le SMIC a été haussé au 1er juin 2026 sans qu’aucune compensation n’ait eu lieu sur les grilles indiciaires en C et B. Les salaires sont désormais inférieurs au SMIC pour nombre d’agent·es dans ces deux catégories (voire en A, chez les assistant·es ingénieur·es). Ils reçoivent donc une indemnité différentielle pour être rémunéré.es au minimum légal, en cas d’indice majoré inférieur à 380 points. Plusieurs échelons d’un même grade sont désormais en dessous du SMIC et le passage d’un échelon à un autre ne modifie donc plus la rémunération mensuelle.
Nous savons déjà que le budget qui nous sera proposé pour 2027 n’apportera aucune réponse satisfaisante aux constats posés plus haut. Les annonces du Premier ministre, avec de nouvelles baisses de dépenses publiques, visent à poursuivre et approfondir la cure d’austérité pour atteindre 30 milliards d’économies, dont 6 milliards pris aux retraité·es. Inacceptable pour nous ! Les années Macron ont été une catastrophe pour notre pays, et ça continue !
Pour une loi intégrale contre les VSS ! Stop aux violences sexistes et sexuelles !
Après la mort tragique de Lyhanna, des rassemblements se tiennent les lundis, devant les tribunaux depuis fin juin, partout en France, pour exiger une véritable loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Le lundi 7 septembre une nouvelle mobilisation nationale a eu lieu alors que l’Assemblée nationale débutait l’examen de la proposition de loi intégrale déposée le 11 août. Dès le lendemain 8 septembre, un nouveau féminicide a eu lieu, malgré des mesures de protection de la victime, par un homme déjà condamné. Les meurtres vicariants (qui visent souvent les enfants ou les proches de la femme victime de violences) font également l’actualité.
La lutte contre les VSS et les dispositifs de protection doivent s’accompagner d’une politique globale, de moyens humains et financiers et d’une véritable prévention des violences.
LA MOBILISATION CONTINUE LES LUNDIS DEVANT LES TRIBUNAUX
Pour une loi intégrale ambitieuse et financée !
Pour protéger les victimes !
Pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants !
Se joindre à la marche pour le climat du 26 septembre !
Le SNASUB-FSU relaie l’appel intersyndical (CGT, Solidaires, FSU) aux Marches pour le climat du 26 septembre : « Le monde du travail ne doit plus subir le coût de l’inaction climatique ! ».
Il nous faut obtenir des mesures de protection des salarié∙es, un recrutement massif et des moyens pour les services publics en première ligne dans la prévention et la gestion des canicules, des feux, des sécheresses.
Enfin, un plan d’ampleur doit être mis sur pied pour atténuer le dérèglement climatique et ses conséquences.
Réussir la grève unitaire du 29 septembre pour les salaires !
Face au refus du gouvernement d’engager une revalorisation des carrières et de la valeur du point d’indice lors du rendez-vous salarial de juillet dernier, l’intersyndicale fonction publique a décidé unanimement de faire de la journée du 29 septembre un jour de grève.
L’inflation est un des sujets principaux qui préoccupent les salarié·es, qui voient leurs conditions de vie se rapprocher dramatiquement de la pauvreté.
Cette journée doit donc être l’occasion de rappeler nos revendications :
- Revalorisation des carrières et des rémunérations : reconstruction des grilles indiciaires, attribution uniforme de 80 points, augmentation de 20% du point d’indice ;
- L’intégration des indemnités dans le traitement indiciaire ;
- En urgence, le blocage des prix des carburants et des produits de première nécessité ;
- La réindexation de la rémunération indiciaire sur le coût de la vie ;
- Des plans de requalification des emplois occupés par les personnels : que chacun.e soit rémunéré.e en fonction des missions confiées, dans toutes nos filières professionnelles.
à ces dates intersyndicales s’ajoutent d’autres mobilisations nationales inter-orga et/ou syndicales portées par des camarades militant·es, qui finalement convergent pour un vrai changement social, pour la justice sociale et climatique, la démocratie, l’égalité femmes-hommes… et bien sûr contre les menaces politiques des forces de droite et d’extrême droite : le 19 et 20 septembre «NON au permis de tuer», le 21 septembre du Mouvement pour la paix «Pour un climat de paix», le 28 septembre «Journée des droits reproductifs et pour l’accès à l’IVG», le 17 octobre Journée mondiale du refus de la misère avec pour thème «S’unir pour la paix et les droits humains – Habiter la terre».
Le SNASUB-FSU poursuivra au-delà du 29 septembre son action syndicale résolue contre tous les budgets austéritaires en projet, lois de finances 2027 ou bien de financement de la Sécurité sociale. L’heure est à la défense des services publics, de la Sécurité sociale, de notre modèle social et à la satisfaction de nos revendications.
Les élections professionnelles, UN ENJEU SYNDICAL !
Le nombre de votes que nous obtiendrons déterminera la représentativité et donc la force avec laquelle nous pourrons porter les revendications, petites, moyennes ou grandes. Ces résultats fixeront le nombre des représentant.es des personnels dont le SNASUB-FSU et la FSU disposeront pour accompagner et défendre les personnels. Nous devons donc rassembler toute notre énergie pour disposer d’un maximum d’élu·es.
Dans nos secteurs d’intervention
EPLE
Dans les EPLE, les conditions de travail sont toujours aussi dégradées et la rentrée des classes s’est faite à nouveau dans un contexte de pénurie de moyens. Les personnels subissent au quotidien les effets d’un sous-effectif organisé.
La situation des personnels des laboratoires est particulièrement révélatrice de cette dégradation des conditions de travail et devient préoccupante : un nombre important de postes restent vacants suite à mutation, départs en retraite ou « fuite » vers le privé. Ces vacances de postes relèvent d’un problème d’attractivité, trop de concours de recrutement restant infructueux. Les personnels en subissent les conséquences délétères : pressions humaines et organisationnelles en raison du sous-effectif, manque de sécurité sur les postes et dans l’exercice de leurs missions.
Leurs compétences et leur expertise pourtant reconnues ne sont jamais prises en compte notamment pour obtenir une requalification et une revalorisation du métier, alors que cela permettrait de booster l’attractivité de ces métiers et garantirait un enseignement de qualité pour les élèves.
Services et opérateurs de l’éducation nationale
Les opérateurs de l’éducation nationale sont particulièrement visés par les mesures d’austérité gouvernementale. De par leur taille, une mesure drastique peut s’avérer fatale. à l’ONISEP, 80 emplois doivent partir vers les rectorats d’ici janvier 2027 et à CANOPE 100 emplois doivent être supprimés d’ici décembre (pris sur le budget 2026), sans que la liste des emplois soit entièrement connue à ce jour. Beaucoup d’incertitudes planent en effet parmi les personnels sur les réorganisations des services, les suppressions d’emplois, les affectations…
Le SNASUB-FSU avait demandé en avril une audience au cabinet du ministre de l’éducation nationale pour l’ONISEP et qui avait reçu un accord de principe. Cependant, l’audience n’a pas encore eu lieu et nous allons relancer le cabinet du ministre en élargissant la question de l’ONISEP à celle de CANOPE.
Pour la préparation du budget 2027, une circulaire du Premier ministre demandera une revue des différents opérateurs pour favoriser des réorganisations progressives, évaluer ce qui doit être maintenu, mutualisé, rapproché ou réintégré dans les administrations. L’austérité en acte !
Supérieur
Secteur universitaire : secteur austéritaire. Des moyens pour l’université, pas l’austérité !
Depuis des années la SNASUB-FSU alerte sur la situation critique de l’enseignement supérieur et de la recherche : sous financement structurel de l’état, fragilisation du service public, dégradation des conditions d’études, et de travail…
Nous en sommes arrivés à un constat dramatique où 100% des universités ont voté un budget initial en déficit cette année. Partout les mêmes constats se sont imposés : coupures drastiques des budgets de fonctionnement, gels de postes, des recrutements à la baisse voire inexistants, des bâtiments délabrés, baisse de la capacité d’accueil des étudiant·es, non renouvellement des contractuel·les.
Plutôt que d’assurer un financement public à la hauteur des besoins, le ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Espace met en place une logique de transfert du coût de l’enseignement supérieur vers les usagèr·es. Les hausses des droits d’inscription imposées aux étudiant·es étranger·es extra-communautaires constituent une remise en cause du principe d’égalité d’accès à l’enseignement supérieur, créent des discriminations fondées sur la nationalité et fragilisent l’attractivité internationale de nos universités. Elles excluent de nombreux jeunes de l’accès aux études supérieures en France et sont incompatibles avec les valeurs de solidarité, d’ouverture et de coopération que porte le service public. Ces étudiant·es sont par ailleurs privé·es d’APL depuis le 1er juillet 2026.
Et ce n’est qu’un début, puisque les mesures imposées aux étudiant·es étranger·ères constituent un avant-goût des attaques qui pourront toucher dès 2027, l’ensemble des étudiant·es. En effet, au nom de la soutenabilité financière des établissements, le dernier rapport du Sénat préconise de multiplier par 5 les droits d’inscription (900 euros en licence et à 1 300 euros en master) pour les étudiants·es français·es et européen·nes. À cette possibilité s’ajoutent les préconisations visant à modifier les modalités de calcul des APL, qui pourraient entraîner leur suppression pure et simple pour 200 000 étudiant·es.
Pour couronner le tout, le baccalauréat ne serait plus un droit d’entrée à l’université mais un diplôme clôturant les années du secondaire. Les bourses seraient de plus fondées sur une notion arbitraire du mérite.
Du côté des personnels, le rapport du Sénat préconise aussi d’accorder (encore !) plus d’autonomie aux universités et de modifier leur gouvernance, en réduisant la taille des conseils d’administration, où siégeraient une majorité de personnalités extérieures, face à un nombre réduit de représentants des personnels et des étudiants, bafouant par conséquent une répartition démocratique déjà bien entamée.
Le SNASUB-FSU refuse la marchandisation de l’enseignement supérieur et de la recherche et réaffirme qu’il appartient à l’État d’assurer le financement des universités, et non aux étudiant·es de payer le prix de son désengagement, ni aux personnels au prix de conditions de travail toujours plus dégradées.
Parce que l’université est un bien commun et un levier essentiel de justice sociale, de développement des connaissances, le SNASUB-FSU continuera de porter les revendications de toutes celles et ceux qui la font vivre au quotidien.
CROUS
Dans les Crous, la généralisation (sans préparation ni moyens) du repas à 1 euro continue à déstabiliser services et personnels. Face à ces difficultés les sections franciliennes du SNASUB-FSU ont rejoint l’appel à la grève du 22 septembre.
Bibliothèques
Le SNASUB-FSU réaffirme son opposition à la fusion de l’Abes et de l’Amue et continue de soutenir les personnels demandant un moratoire. Après le vote défavorable des CSA des deux établissements contre le projet de décret, une audience intersyndicale, à notre demande, avec le conseiller social du ministère est prévue le 22 septembre. Lors du CSA MESR du 10 septembre, une déclaration liminaire a été portée en présence de la DGSIP.
Dans les bibliothèques du ministère de la Culture, la situation reste préoccupante.
À la BPI, les conditions de sécurité et de santé au travail dans les locaux provisoires suscitent des inquiétudes, tandis que la constitution de la liste fédérale pour les élections professionnelles demeure difficile. À la BnF, les mobilisations, en particulier le conseil d’administration a été envahi début juillet et une grève a rassemblé 200 grévistes le 3 juillet. Plusieurs revendications ont motivé la fermeture forcée de l’établissement pendant certaines périodes portent notamment sur les conditions de travail, les budgets, la gestion des jours de grève, le nouvel outil de catalogage et l’état des bâtiments.

