Le repas à un euro pour tous les étudiant·es a été mis en place dans tous les CROUS le 4 mai 2025. Un premier bilan s’impose pour anticiper la rentrée de septembre de 2026. Le SNASUB-FSU a été reçu le 3 juin par le cabinet du ministre pour en discuter.
Le CNOUS a établi des statistiques sur la fréquentation des restaurants universitaires au mois de mai 2026 par comparaison avec le mois de mai 2025. Ces statistiques devront être affinées, car il n’y a pas le même nombre de jours ouvrés dans les deux mois, et les chiffres sont globaux, il faudra donc revoir, par CROUS et par ville. Le premier bilan confirme qu’il y a plus d’étudiant·es qui sont venu·es manger. Les non-boursiers sont en hausse de 34 %, il y a plus d’étudiant·es d’écoles privées aussi, et il y a une alerte sur la baisse de fréquentation des boursiers de 15 %. Pourquoi les boursiers sont-ils moins venus ? Une fréquentation trop importante ? Ou le nombre de jours fériés les a-t-il incités à rentrer plus tôt chez eux ? Des chiffres bruts ne donnent pas assez d’indications, mais néanmoins montrent que ce qui était craint se passe : la baisse de fréquentation des boursiers.
La qualité des repas est aussi pointée du doigt ; le repas consiste en un plat et deux périphériques, pour « rationaliser », de nombreux CROUS ont réduit les choix en entrées et en desserts. La qualité des produits baisse aussi en raison de l’inflation, la question des marchés a aussi été évoquée. Certains se plaignent aussi de la quantité servie, les assiettes seraient moins copieuses. Lorsqu’il n’y a plus de repas à servir il y a des craintes d’avoir des ruptures en plein service, donc les quantités peuvent être moindre. À 13 h, il ne reste bien souvent que le repas avec des pâtes !
Pour ce qui est des personnels, 204 ETP promis par le ministère, cette aide n’est pas toujours pas arrivée dans les CROUS, l’annonce ayant été tardive et n’a vraisemblablement pas laissé le temps aux CROUS de recruter. De plus ce recrutement se passe en période tendue, dans les zones touristiques où les restaurants du secteur privé recrutent aussi du personnel. Normalement, le mois de mai est un mois plus light pour les personnels : les emplois du temps sont annualisés, en septembre chaque agent·e signe son emploi du temps pour l’année qui est « allégé » à partir de mi-avril. Or, là, les emplois du temps sont remis en question, les personnels sont appelés à travailler plus, comme tous les autres mois de l’année. Les structures sont ouvertes plus longtemps aussi, il y faut donc du personnel. Rien n’a été anticipé dans les CROUS !
La question des ouvertures de restaurants le soir se pose aussi dans nombre de villes. Ils ont été fermés il y a quelques années, maintenant, on parle de les rouvrir ce qui va entraîner un recrutement de personnels pour assurer ces ouvertures.
La mise en place du repas à un euro aurait dû se faire en concertation avec les organisations syndicales ce qui n’a pas été fait dans les CROUS. Les agent·es se sont retrouvés devant le fait accompli, tout se fait à marche forcée sans aucune concertation.
Pour les personnels des universités qui ont des conventions avec les CROUS pour que leurs agent·es mangent dans les restaurants universitaires cette mise en place des repas pose aussi problème. En effet, beaucoup de restaurants ont fermé leur salle administrative pour « optimiser » l’espace et les agent·es. Ils font la queue comme les étudiant·es et n’ont donc pas le temps qu’il faut pour manger.
Comme on le voit la mise en place de ce repas pose beaucoup de questions, et pourtant le mois de mai est un mois moins intense habituellement,. Cette année, pour les personnels des CROUS, ce fut un mois comme un autre, l’inquiétude est grande pour la rentrée de septembre 2026.
Le SNASUB-FSU sera vigilant pour la rentrée universitaire. Il faut recruter au moins 500 personnes, il est nécessaire de revoir les grilles des salaires pour tous les personnels (fonctionnaires, contractuel·les). Car si on ne rend pas ces métiers attractifs, les recrutements seront difficiles. Le ministère doit ouvrir plus de postes au concours pour les métiers « CROUSiens ». Sans cela il ne sera pas possible pour les personnels en place de fournir un service de qualité comme ils le font tout le reste de l’année.

