Avec le SNASUB-FSU, défendons nos conditions de vie, refusons la smicardisation qui grignote peu à peu nos rémunérations, revendiquons de vraies mesures salariales ! Stop à la paupérisation des agents publics !
Depuis le COVID, les prix ont flambé : l’inflation s’est hissée à plus de 15,1 % de 2020 à 2025 et en 20 ans, c’est +20 % d’inflation, alors que nos salaires, eux, sont restés à la traîne.
Les deux augmentations du point d’indice, en 2022 (+3.5 %) et 2023 (+1.5 %), l’ajout uniforme de 5 points d’indice au 1ᵉʳ janvier 2024 n’ont en rien modifié la situation sur le fond. Malgré ces « coups de pouce » notre pouvoir d’achat a continué de reculer sur la période, en particulier pour les catégories B et C, les plus exposées à l’inflation ainsi que pour nombre de contractuels.
Au 1ᵉʳ janvier 2026, la hausse annuelle du SMIC l’a porté à 1823,03 € bruts mensuels, montant supérieur de 1,2 % au minimum de la Fonction publique, ce qui a déclenché le versement d’une « indemnité différentielle SMIC » à 350 000 collègues, toutes fonctions publiques confondues.
Aujourd’hui, avec le contexte international, la flambée des prix du carburant pèse directement sur nos budgets, et l’Insee prévoit un net regain d’inflation qui pourrait dépasser les 2 % au printemps 2026. Si ce seuil est franchi, le mécanisme légal de revalorisation automatique du SMIC pourrait se déclencher de nouveau dès l’été, sans aucune garantie équivalente pour les grilles de la fonction publique.
Un minimum fonction publique sous le SMIC
5 points d’indice ont été ajoutés à tous les agents publics le 1ᵉʳ janvier 2024, amenant l’indice de départ de la grille des agent·es de catégorie C à 366 et à un traitement brut mensuel minimum de 1 801,74 euros (premier échelon de la grille C1).
Depuis le1ᵉʳ novembre 2024, le minimum fonction publique (366 points) est en dessous du minimum légal qui correspond environ à 371 points. Résultat : les administrations versent une indemnité différentielle qui permet d’aligner le salaire des agents au niveau du SMIC.
Désormais les 5 premiers échelons de l’échelle C1 et les 3 premiers échelons de l’échelle C2 sont sous le SMIC. Cette mesure s’applique, toute fonction publique confondue à 350 000 personnes.
| Mesures | 01/01 2013 | 01/10 2021 | 01/01 2022 | 01/05 2022 | 01/08 2022 | 01/01 2023 | 01/05 2023 | 01/01 2024 | 01/11 2024 | 01/01 2026 |
| Minimum fonction publique | 309 1447,98 € | 340 1593,25 € | 343 1607,31 € | 352 1649,48 € | 352 1707,21 € | 353 1712,06 € | 361 1750,86 € | 366 1801,73 € | 366 1801,73 € | 366 1801,73 € |
| SMIC | 1 554,58 € | 1 589,47 € | 1 603,12 € | 1 645,58 € | 1 678,95 € | 1 709,28 € | 1 747,20 € | 1 766,92 € | 1 801,80 € | 1 823,03 € |
| Revalorisation pied du C | 330 | 332 | 340 | 352 | 352 | 353 | 361 | 366 | 366 | 366 |
Zoom sur la carrière de la catégorie C
La carrière dans le premier grade est de 19 ans pour une amplitude désormais de… 16 points d’indice actuellement (371 -> 387 si l’on tient compte du fait que les indices des premiers échelons sont en dessous du SMIC). Si rien ne change, un collègue entrant dans le premier échelon du premier grade stagnera pendant 5 ans au même nombre de points d’indice tout en évoluant d’échelon en échelon.
Dans le 2ᵉ grade, la carrière est de 20 ans avec une amplitude de 52 points d’indice soit 255,84 € (373 -> 425). Un collègue entrant dans le premier échelon se verrait actuellement passer 3 échelons sans changer de points d’indice.
Dans le 3ᵉ grade, la carrière est de 19 ans avec une amplitude de 105 points d’indice (373 -> 478). Le pied de ce grade sera sans doute noyé par une prochaine augmentation du SMIC.
Zoom sur la carrière de la catégorie B
La catégorie B est depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 à la lisière du SMIC, à 13,17 € près, en début de carrière avec 373 points. à la prochaine augmentation du SMIC, la catégorie B sera, elle aussi, touchée par l’indemnité différentielle pour rejoindre le minimum légal.
En 2018, l’amplitude de carrière en classe normale était de 160 points, elle n’est plus que de 135 en 2026 ; en classe supérieure, elle était en 2018 de 178 points, en 2026 elle est de 163 points ; en classe exceptionnelle, elle est restée stable.
Zoom sur la carrière de la catégorie A
La catégorie A, reste à une certaine distance du SMIC, au-dessus de 120 € brut en début de carrière. Avec +2 % de hausse du SMIC le début de carrière serait à +85 € du SMIC.
L’amplitude de carrière dans le premier grade est de 283 points en 2019 et de 195 en 2026. Dans le second grade, il est de 306 en 2019 et de 321 en 2026. Dans le grade de directeur de service, il est de 356 en 2019 et de 365 en 2026.
À noter : le corps des assistants ingénieur, bien que classé en catégorie A débute avec un nombre de points d’indice équivalent à la catégorie B : 373 points. L’amplitude de carrière est stable entre 2019 et 2026 (259 points).
Cette fois, combien d’entre nous se retrouveront avec un salaire en dessous du SMIC ?
En cas de nouvelle hausse du SMIC d’environ 2 %, ce sont des pans entiers de nos grilles qui passeraient sous le minimum légal. Dans la catégorie C, 10 échelons sur 12 du premier grade (C1), 7 sur 12 du deuxième (C2) et 3 sur 10 du troisième (C3) seraient ainsi rattrapés par le SMIC. En catégorie B, 5 échelons sur 13 du premier grade et 2 sur 12 du second, et en catégorie A, 2 échelons sur 16 chez les assistant·es ingénieur·es, se retrouveraient, eux aussi, en dessous du SMIC, confirmant que la reconnaissance des qualifications et de l’expérience est purement effacée.
| Catégorie | Pied de grille | Nombre d’échelons sous le SMIC |
| Catégorie C – C1 | 366 | 10 échelons sur 12 |
| Catégorie C – C2 | 367 | 7 échelons sur 12 |
| Catégorie C – C3 | 373 | 3 échelons sur 10 |
| Catégorie B – Cl. Norm. | 373 | 5 échelons sur 13 |
| Catégorie B – Cl. Sup. | 376 | 2 échelons sur 12 |
| Catégorie A – assistant ingénieur | 373 | 2 échelons sur 16 |
La revalorisation de nos traitements, c’est pour quand ?
Reconstruction des grilles indiciaires
Nos grilles indiciaires sont dans un sale état. Il faut reprendre la discussion pour des grilles indiciaires dignes de ce nom. Ce sujet comporte la prise en compte des indemnités mensuelles (IFSE) à intégrer dans le montant du traitement brut avec alignement préalable vers le haut des montants servis pour toutes les filières, quelles que soient les cartographies initiales, puis suppression du RIFSEEP par l’intégration dans le traitement indiciaire.
La grille indiciaire reste l’élément principal dans le calcul de nos retraites c’est pourquoi il y a nécessité absolue pour que celle-ci reste le cœur de nos préoccupations salariales.
Blocage des prix : une urgence
Dans l’urgence, le gouvernement peut à tout moment, sans aucune modification légale ou réglementaire, publier un décret qui bloque les prix des carburants qui sera valable pendant six mois. L’article L410-2 du code de commerce le lui permet. Cet article a déjà été utilisé dans un passé assez récent, notamment au moment du covid pour les gels hydroalcooliques.
Le principe de liberté des prix n’a qu’une valeur législative. Une nouvelle loi est nécessaire et vitale pour bloquer les prix.
L’argent existe, ce sont des choix politiques qui ont vidé les caisses de l’État !
Là encore, le courage politique manque pour prendre des mesures hardies. Les recettes de la taxe Zucman sont estimées entre 15 et 25 milliards d’euros par an. Le poids de la dette est un bon argument pour courber l’échine alors que les créanciers veulent encore augmenter leur taux d’intérêt face à la guerre au Moyen-Orient. L’orientation budgétaire adopté par le gouvernement Lecornu est des plus contestables. Parlons des 211 milliards versés en 2023 en aides publiques aux grandes entreprises sans contrepartie sans vérification que cela a été créateurs d’emplois. Parlons du budget de l’Armée qui a aussi augmenté de 7 milliards pour 2026. Au final, les plus fortunés s’enrichissent, les plus pauvres sont de plus en plus nombreux, voilà la réalité ! Il faut un impôt progressif avec une réforme de la fiscalité pour ponctionner les grandes fortunes et participer à l’effort national à la hauteur des fortunes de chacun.
Nous revendiquons des mesures de justice sociale :
- En urgence, le blocage des prix des carburants
- La réindexation des salaires sur le coût de la vie
- La revalorisation des carrières et des rémunérations : la reconstruction des grilles indiciaires, avec l’attribution uniforme de 80 points, la revalorisation d’au moins 20 % du point d’indice, l’intégration de nos primes dans le traitement principal.
Ces mesures ne relèvent pas du rêve, mais de choix politiques : l’État a déjà montré qu’il peut protéger les ménages face à la flambée des prix de l’énergie, notamment par des politiques de régulation ou de blocage des tarifs. De la même façon, ré-indexer les salaires sur l’inflation, augmenter fortement la valeur du point et reconstruire les grilles sont des décisions possibles dès lors qu’on cesse de verrouiller le débat au nom de la prétendue absence de marges de manœuvre. Il y a des choix de justice sociale et fiscale à faire.
NON A LA RÉGRESSION SALARIALE !
AVEC LE SNASUB-FSU, DÉFENDONS NOS CONDITIONS DE VIE !

