1 – Une situation internationale des plus inquiétantes : la rivalité entre les empires disloque les fragiles équilibres du passé…
L’empire américain dirigé par D. Trump est à l’offensive pour tenter de maintenir le rôle économique et politique des États-Unis dans le monde… Il vise à tourner une page des relations internationales pour faire entrer le capitalisme mondialisé dans une phase marquée par l’agression contre tous les pays qui ne vont pas dans son sens ; cela a pour conséquence la remise en cause de certaines institutions internationales et le droit international. L’objectif ultime est bien de redorer l’économie états-unienne par le contrôle territorial et le contrôle des matières premières, à moindre coût. Les États-Unis n’hésitent pas à dire haut et fort leur intention d’intervenir au Mexique, en Colombie, au Groenland ou encore en Iran… Demain quels autres pays seront visés ? Il est désormais possible que des pays membres de l’OTAN se battent entre eux.
Le SNASUB-FSU est solidaire de tous les peuples attaqués par l’impérialisme US ! Il est aussi solidaire de l’ensemble des peuples qui luttent actuellement pour leur survie ou autodétermination – comme en Palestine – ou bien pour leur liberté, leurs droits démocratiques et la satisfaction de leurs besoins sociaux, comme en Iran. Et notamment avec les travailleurs·euses d’Ukraine et de leurs organisations syndicales.
Le SNASUB-FSU appelle à rejoindre, avec la FSU, les mobilisations et rassemblements exprimant notre solidarité syndicale avec tous les peuples en lutte pour leurs droits.
2 – Quelle Loi de finances 2026 (le budget de l’État et des collectivités) issue de la bataille parlementaire ?
Loi de finances : les salarié·es paient l’absence de justice fiscale et une politique de l’offre continuée.
Dans ce contexte international, Macron souhaite renforcer le budget militaire et se préparer à des guerres futures. Après avoir fait mine de négocier « loyalement » une Loi de finances 2026 avec ses opposant.es, le Premier ministre Lecornu est finalement contraint d’imposer ses mesures budgétaires avec le 49.3, comme Élisabeth Borne avant lui pour la réforme des retraites de 2023. Quelles que soient les négociations entamées avec telle ou telle force politique, le Premier ministre doit coûte que coûte faire passer un budget d’austérité, payer les intérêts de la dette au moment où la fortune des milliardaires s’envolent selon le dernier rapport de l’OXFAM publié ces derniers jours. On apprend ainsi que les 53 milliardaires français sont désormais plus riches que plus de 32 millions de personnes réunies. Ce même rapport précise également qu’en 2025, la fortune des milliardaires dans le monde a progressé trois fois plus vite que les cinq années précédentes et atteint un sommet historique.
Et pendant ce temps-là, le gouvernement impose le décrochage des rémunérations dans la fonction publique en maintenant le blocage de la valeur du point d’indice et des carrières. Nulle augmentation des traitements n’est en effet prévue pour 2026. Inacceptable pour nous, tant la faiblesse des salaires ne nous permet pas de vivre dignement de nos métiers et missions, pourtant au service du public.
3 – Une augmentation du SMIC au 1er janvier 2026 qui révèle toujours plus la faiblesse de nos traitements !
Désormais pour être au-dessus du minimum légal il faut avoir au moins l’indice 371. Tous les collègues de catégorie C des premiers échelons du premier et second grade sont en-deçà du minimum légal. Le minimum fonction publique reste à 366 points et les administrations doivent déclencher l’indemnité différentielle pour atteindre le SMIC.
Le pied de grille du B tutoie le SMIC, à 2 points d’indice au-dessus, quand le pied du A est à 120 € brut du minimum légal (sauf celle des ASI qui débute comme le B).
Parallèlement, l’inflation en 2025 a été d’environ 1 % et le gouvernement actuel estime qu’elle va grimper à 1,3 % pour 2026.
Il faut donc à la fois revaloriser l’ensemble des grilles indiciaires pour tenir compte de l’inflation mais aussi remettre en place l’échelle mobile des salaires pour ne pas perdre de pouvoir d’achat. Enfin, il y a urgence à refondre les grilles pour incorporer l’équivalent des montants IFSE.
Il faut augmenter nos salaires et revaloriser nos carrières ! Le SNASUB-FSU exprime ses revendications en la matière, dans le cadre d’une campagne syndicale permanente. Il faut enfin le blocage des prix sur tous les produits de première nécessité (alimentation, énergie, carburant).
4 – Quelles conséquences budgétaires pour nos services publics ?
Dans l’enseignement scolaire, l’éducation nationale et ses opérateurs…
Même si la communication aux représentant·es des personnels concerné·es des schémas d’emplois administratifs et ITRF est repoussée à fin janvier compte tenu des vicissitudes de l’adoption des Lois de finances 2026 au Parlement, nous savons que les recréations d’emplois que nous revendiquons pour nos filières professionnelles ne seront pas au rendez-vous ; malgré le contexte global de sous-administration du ministère de l’éducation nationale pourtant objectivé récemment par un rapport sénatorial… Par ailleurs, les économies prévues sur les opérateurs de l’État s’élèvent à deux milliards d’euros.
Dans les laboratoires de sciences des EPLE, la sécurité au travail, ce n’est pas négociable !
Au fur et à mesure que les connaissances scientifiques avancent sur les CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) et ACD (agents chimiques dangereux), il faut faire évoluer les pratiques professionnelles dans les laboratoires.
La protection des personnels se doit de progresser significativement et l’employeur doit veiller à la santé et à la sécurité des personnels et des usager·es. Il doit mettre en place un cadre qui respecte la réglementation en vigueur et la fourniture d’équipements de protections collectifs et individuels à la hauteur des besoins avec des outils de formations et d’informations adaptés et facilement accessibles. Les risques professionnels de chaque environnement de travail doivent être évalué et figurer dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Le SNASUB-FSU et son secteur des Laboratoires mèneront campagne sur ce thème.
Dans l’enseignement supérieur…
Les annonces de dernière minute du premier ministre sur les repas à 1 euro, le maintien des bourses ou encore la mise à disposition des budgets (pourtant théoriquement sanctuarisés) de la LPR ne changeront rien à la misère des finances des établissements dont la quasi-totalité ont voté un budget déficitaire pour 2026.
L’année 2026 ne se contente pas d’annoncer quelques ajustements : elle ouvre la voie à un ensemble de réformes cohérentes entre elles qui promettent de bouleverser une fois de plus en profondeur le paysage de l’ESR, au point de le rendre méconnaissable, en organisant une mise en concurrence systématique et durable des établissements.
Mise en œuvre des contrats d’objectifs de moyens et de performance (COMP) à 100 %, projet de loi dite de régulation du privé, mais aussi évolutions réglementaires autour des EPE : la volonté de mise sous tutelle technocratique des établissements est manifeste, mais l’amélioration de leur situation budgétaire en aucun cas. Cette année, les gels et suppressions de postes, et les plans sociaux en direction des contractuel·les sont à l’agenda et nécessitent notre entière mobilisation dans l’intérêt des personnels et du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un autre risque dans nos établissements est l’augmentation majeure des droits d’inscriptions étudiants, pour se rapprocher des modèles anglo-saxons… et améliorer l’état des finances des établissements.
Le SNASUB-FSU sera mobilisé pour lutter contre toutes ces régressions apportées à l’ESR.
Des repas étudiant·es à 1 euro ?
Même si l’annonce du repas à 1€ pour tous les étudiant·es est une bonne nouvelle afin de lutter contre la grande précarité de bon nombre d’entre eux, celle-ci se fait au détriment des personnels et des étudiant·es.
Cette nouvelle tarification va provoquer un afflux d’étudiant·es supplémentaires dans les restaurants universitaires. Or la plupart de ces derniers sont déjà au maximum de leur capacité d’accueil, tous les étudiant·es qui voudront bénéficier du plateau à 1€ ne le pourront certainement pas. Les CROUS ne seront pas en capacité d’absorber cet afflux supplémentaire sans recruter des personnels et/ou ouvrir des postes aux concours ITRF pour pallier le manque de personnels accumulé depuis plusieurs décennies. Alors qu’aucune ligne budgétaire n’est encore prévue dans le budget 2026, Le SNASUB-FSU demande le financement à sa juste hauteur de cette mesure pour recruter massivement des personnels et augmenter les salaires pour accroître l’attractivité de nos métiers.
Souveraineté numérique et services publics
La dépendance technologique de la France vis-à vis des acteurs américains de la Tech fragilise nos services publics. Nos données personnelles et les principaux outils de gouvernance sont à la merci d’un pays, les USA, dirigé par une oligarchie fasciste, qui est passée du statut de compétiteur au statut d’adversaire. L’Europe, au dire de D. Trump et J. D. Vance, a été « conçue pour emmerder » les États-Unis. Dont acte : il faut prendre les décisions qui s’imposent et réduire notre dépendance à ces outils numériques.
De plus, en France, certains réseaux sociaux (états-uniens) et quelques médias traditionnels, qui soutiennent l’extrême-droite, relaient de façon complaisante les discours de l’administration américaine.
Si nous ne réagissons pas, il deviendrait possible que les prochaines élections, municipales et présidentielles (voire peut-être aussi les élections professionnelles de 2026) se déroulent sous l’influence d’États, comme les USA ou la Russie, qui auraient tout intérêt à influencer les résultats de ces élections, avec en ligne de mire la victoire de l’extrême-droite française, qui a d’ores et déjà donné des gages aux USA et à la Russie.
Il faut que le gouvernement Lecornu entame une réflexion de fond sur la création et le financement pérenne d’un service public proposant des plateformes et des outils numériques qui nous permettraient une plus grande souveraineté. Pour cela, une seule solution : faire en sorte que l’impôt soit payé par l’ensemble des français, sans exception, et de recruter les fonctionnaires en nombre suffisant pour gagner notre indépendance numérique.
Les politiques gouvernementales dégradent les conditions de vie du plus grand nombre, les droits sociaux et démocratiques et approfondissent toutes les inégalités. Fort de ses revendications et de ses analyses le SNASUB-FSU réaffirme la nécessité de construire la mobilisation des personnels pour gagner des avancées pour la justice sociale, fiscale et environnementale, pour renforcer les services publics et la situation faite à leurs personnels.
5 – « Agendas sociaux » de nos ministères : un SNASUB-FSU à l’offensive pour porter les revendications des personnels
La direction générale des ressources humaines (DGRH) de nos ministères « concerte » la FSU et donc le SNASUB-FSU sur une programmation des discussions dans les comités sociaux d’administration ministériels concernant les conditions de travail de nos personnels pour l’année 2026. Nous portons dans ces discussions l’ensemble de nos revendications sur ce sujet : égalité de traitement interministérielle et interfilière, politiques de requalification des emplois et de promotion concomitante des personnels, reconstruction des grilles de carrière et intégration des indemnités dans le traitement indiciaire, application sans entrave des accords Télétravail…
6 – PSC et actualité
La PSC est mise en œuvre à partir d’ordonnances permises par la loi de transformation de la Fonction publique contre laquelle nous avons lutté autant que nous le pouvions et continuons de nous battre. Notre fédération, contrairement à d’autres, n’a pas soutenu cette ordonnance PSC quand elle a été présentée, mesurant les risques embarqués. Mais une fois imposé le processus PSC, nous nous sommes efforcés de le rendre un peu plus juste que la version initiale, par exemple en pesant pour obtenir une part de progressivité sur le revenu de la partie santé, ce que ne voulait pas l’administration. Nous avons souhaité que ces avancées soient validées ce qui nous a amenés à signer certaines étapes du processus.
En revanche, pour le volet prévoyance, nous constatons que les opérateurs (MGEN et MAGE) faisant partie du groupement ayant emporté le marché public « prévoyance » tentent d’imposer, par des pratiques commerciales très discutables une offre différente du contrat collectif retenu par nos ministères, entretenant l’ambiguïté auprès des agent·es.
Le SNASUB-FSU rappelle sa revendication de la prise en charge à 100 % par la Sécu, contre les contrats collectifs imposés aux personnels, à l’opposé de cette réforme de la PSC.
7 – Mobilisons-nous pour la journée des droits des femmes !
Cette année, la Journée internationale des droits des femmes 2026 a pour thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ».
Le SNASUB-FSU se mobilise POUR un 8 mars 2026 offensif ! Pour l’égalité femmes-hommes, contre les discriminations et les VSS…
8 – A propos du 1er mai
Certains groupes parlementaires et les organisations patronales ont lancé de nouvelles offensives pour obliger les salarié·es à travailler le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement chômée, rémunérée et symbolique pour les travailleurs·euses à l’internationalisme.
Cette proposition de loi, déjà votée par le Sénat en juillet 2025 et soumise au vote d’une niche parlementaire du groupe des Républicains et apparentés le 22 janvier, remettrait en cause ce jour de repos rémunéré pour l’ensemble des salarié·es. Le « volontariat », ajouté pour rassurer, n’existera pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail. Comme pour le dimanche, modalité exceptionnelle devenue largement répandue, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement ou de non-recrutement.
Cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs, depuis les manifestations mortelles, notamment en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans d’histoire de lutte sociale.
Notre organisation syndicale, appelle les député·es à s’opposer à cette proposition de loi. Le 1er mai doit rester ce qu’il est : un jour férié et chômé.
Motion : Retrait de la proposition de loi Yadan
La commission administrative nationale du SNASUB-FSU réunie le 21 janvier 2026, constate que suite à l’adoption le 31 juillet dernier d’une loi relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur, une nouvelle proposition de loi 575 dite Yadan, sera présentée en 1re lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier, après sa validation en commission des lois le 20 janvier avec le soutien du camp gouvernemental et de l’extrême droite.
En effet on lit dans sa présentation « Aujourd’hui, la haine antijuive dans notre pays se nourrit de la haine obsessionnelle à l’égard d’Israël. » et son article 2 prévoit un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d’un État, ou de faire publiquement l’apologie de sa destruction ou de sa négation. Le SNASUB-FSU fait sienne toute la critique portée par la tribune collective publiée le 19 janvier (lire le texte en ligne).
Le SNASUB-FSU dénonce cette proposition de loi visant à pénaliser la critique de la politique coloniale d’Israël.
Sous prétexte de lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme » cette loi vise en fait à renforcer la répression envers les manifestations de solidarité envers le peuple palestinien, en interdisant toute critique et remise en cause de l’État d’Israël. Ce texte menace gravement les libertés démocratiques, la liberté d’expression, le droit de manifester et la liberté académique, notamment dans les universités.
Comme l’Union Juive Française pour la Paix dans son appel aux député·es (lire le texte en ligne), et comme la FSU dans la tribune collective du 19 janvier, la CAN du SNASUB-FSU dénonce activement ces définitions liberticides et le projet de loi Yadan dans son ensemble. En conséquence, la CAN du SNASUB-FSU réaffirme son engagement résolu contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme et exige le retrait de ce texte.

