Les fédérations de l’éducation nationale étaient conviées le 28 janvier à la DGRH à une réunion d’information pour discuter de la nouvelle application de gestion du remplacement des enseignant·es du premier degré, première application qui ne portera pas de nom. Devant s’appliquer par vagues, le nouvel outil est appelé à s’étendre peu à peu dans les DSDEN, sur trois ans, de 2025-2026 à 2027-2028, pour la gestion des 43 000 écoles assurées par les 1261 Inspections de l’éducation nationale.
Le SNASUB-FSU et la FSU-SNUIPP étaient présents dans la délégation fédérale. La réunion a été proposée sans aucun document envoyé en amont, ce qui rendait compliquée la discussion avec l’administration centrale. Nos deux syndicats avaient d’ailleurs eu une réunion en novembre 2025 avec le Service de modernisation des systèmes d’information des ressources humaines pour l’éducation (SEMSIRH), qui nous avait présenté le logiciel. Nous leur avions déjà demandé un certain nombre d’éléments sur l’application, sans aucun retour à ce jour. Le sujet serait-il sensible ?
Deux principales modifications sont voulues par le ministère : l’abandon des spécialités des enseignant·es et la suppression des zones infra-départementales. Nos camarades de la FSU-SNUIPP ont rappelé que la prise en compte des profils professionnels des enseignant·es permet une approche au plus près du terrain dans l’organisation des remplacements. La qualité du remplacement doit prendre en compte le fait que l’enseignant·e remplaçant connaît les écoles, voire les élèves, que le lieu du remplacement est proche de l’affectation pour conserver une attractivité de la fonction. S’ils constatent qu’ils peuvent assurer un remplacement sur tout un département, l’administration prend le risque de voir un recul des vocations.

Précisons enfin que la fin de la gestion infra-départementale et la fin du remplacement sur la spécialisation ne repose sur aucun nouveau texte contraignant. La circulaire du 15 mars 2017 précise « Les zones de remplacement comportent plusieurs zones infra-départementales et, le cas échéant une zone départementale. » C’est bien à droit constant que la dégradation de la qualité du remplacement s’effectue.
Notons la « pente » actuelle des administrations publiques à vouloir globaliser la gestion des personnels à travers nombre d’applications toujours plus intégrées. La gestion finalement départementale du remplacement des enseignant·es du premier degré, n’est-elle pas le préalable à une gestion encore plus large, et pourquoi pas, demain, académique ?
Les secrétaires de circonscription sont donc impactées dans la qualité du service rendu par l’introduction progressive sur plusieurs années de l’application de remplacement.
Les représentant·es de l’administration ont reconnu que le sujet était important et qu’il fallait continuer à échanger. Ils précisent que le sujet est mis à l’agenda social ministériel avec un GT prévu dans le premier semestre 2026.
Pour le SNASUB-FSU, la qualité du travail administratif ne se limite pas seulement à obtenir de bons chiffres quantitatifs dans le taux de remplacement mais aussi à fournir aux écoles les enseignant·es les plus approprié·es en fonction de leurs spécialités et des réalités locales. Cela signifie une approche humaine et l’administration centrale doit en tenir compte.

