Le Premier ministre, François Bayrou, a recouru quatre fois à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution entre le 3 et le 10 février à l’Assemblée nationale pour éviter un débat et un vote des parlementaires. Le budget de l’État pour 2025 ainsi que celui sur le financement de la Sécurité sociale pour 2025 vont désormais se mettre en œuvre. Inutile de dire que l’austérité est encore au rendez-vous dans ces budgets, avec tous les mauvais coups qu’il comporte pour les travailleurs et travailleuses du pays.
Le budget 2025 : bilan global
Le budget de l’État s’élèvera en 2025 à 484 milliards d’euros. En tenant compte de l’inflation, la seule reconduction à l’identique de la loi de finances 2024 aurait nécessité un budget de 501 milliards, sans tenir compte d’ailleurs des évolutions de carrières attendues pour 2025. Il faut donc estimer à 508 milliards le total d’un budget 2024 « maintenu » selon un député membre de la commission mixte paritaire au sein de laquelle un consensus des différents partis de soutien à Macron s’était établi. En conclusion, la réduction des moyens de l’État est de 24 milliards d’euros.
Les conséquences dans l’enseignement scolaire
Le budget de l’enseignement scolaire est de 88,6 milliards d’euros (88,8 en 2024), dont 27,4 milliards d’euros consacrés à l’enseignement public du premier degré et 39,4 milliards au second degré. Le privé est lui financé à hauteur de 8,9 milliards d’euros. De façon générale, l’enseignement scolaire voit une baisse de 224 millions d’euros.
Les médias ont assez peu disserté sur le tour de passe-passe de Bayrou concernant les emplois enseignants. S’il n’est plus question de supprimer 4000 postes d’enseignants, le coût de ces emplois maintenus est compensé par une suppression équivalente de 50 millions d’euros au budget alloué à la formation des enseignants. Les baisses par budget sont les suivants :
- 21,4 millions d’€ pour l’enseignement scolaire public premier degré,
- 69,4 millions d’€ pour l’enseignement scolaire public du second degré,
- 32,8 millions d’€ pour la vie de l’élève : il finance les actions et les moyens qui contribuent, en complément des enseignements, à « faire respecter l’école, améliorer le climat scolaire et favoriser l’apprentissage de la responsabilité et de la citoyenneté » et à « promouvoir la santé des élèves et à améliorer leur qualité de vie ».
- 19,9 millions d’€ pour l’enseignement privé du premier et du second degré,
- 62,8 millions d’€ pour le soutien de la politique de l’éducation nationale : il s’agit du fonctionnement des services académiques, DSDEN et rectorat, opérateurs et administration centrale.
- 18,9 millions d’€ pour le programme 143 enseignement technique agricole.
Seul l’ONISEP voit sa subvention baisser : sur les cinq opérateurs de l’éducation nationale1, seul l’ONISEP est touché avec une baisse de 5 millions d’euros. Dans le projet de budget version Barnier, la subvention prévue pour 2025 était de 22 700 000 € contre 22 750 000 en 2024. Le budget Bayrou prévoit donc une baisse extrêmement importante.
Le budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Au total, en prenant en compte les contributions aux pensions de l’État, les crédits de paiement atteignent 30,9 milliards d’euros en 2025, contre 31,8 milliards d’euros en 2024. De façon globale, il baisse de 930 millions d’€ Le budget est en hausse s’agissant du programme 150 « Formation supérieure et recherche universitaire » (+247,36 M€) ; et en baisse pour ce qui est des programmes et 231 « Vie étudiante » (-77 M€) et 172 « Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires » (-33,3 M€).
Arrêt maladie : baisse de 100 % à 90 % du taux d’indemnisation !
Le gouvernement a fait voter par ailleurs une baisse du niveau d’indemnisation des arrêts de maladie de courte durée des fonctionnaires (90 % contre 100 % aujourd’hui). Désormais, notre rémunération baissera en cas d’arrêt maladie par un jour de carence auquel il y faudra ajouter 10 % de salaire en moins par jour suivant.
- Onisep, CNED, Canopé, CEREQ, France Éducation international. ↩︎
Sommaire du Convergences N° 304 — Février 2025
- Édito du numéro 304 – Janvier 2025
- Informations générales
- 11ᵉ congrès de la FSU
- Bayrou pire que Barnier !
- Conseil commun de la fonction publique en présence du ministre Marcangeli…
- La FSU et le SNASUB-FSU reçus par Elisabeth Borne
- Évolution des emplois prévus pour les établissements scolaires (BOP 141)
- évolution des emplois prévus pour les services académiques (BOP 214)
- En grève féministe le 8 mars, pour gagner l’égalité !
- Pass Culture / Op@le
- Concours ITRF : bilan de la session 2024
- Redéploiement des emplois informatiques : un marché de dupes
- Budget : la documentation n’est pas une variable d’ajustement
- Dans l’académie d’Orléans-Tours, l’Éducation nationale est en quête d’un nouveau DASEN dans l’Indre (36)
- Lu pour vous