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Le 26 janvier 2026, le président de la République, sur proposition du ministre de l’Éducation nationale, a nommé M. Henri de Rohan-Csermak directeur général de France Éducation International, succédant à M. Olivier Brandouy. Après un intérim prolongé entre août 2023 et juillet 2024, à la suite du départ de M. Mourier, M. Brandouy a quitté ses fonctions le 15 septembre 2025.

Cette instabilité, qui dure depuis près de trois ans, est particulièrement préjudiciable : elle dégrade le dialogue social et freine fortement l’action des représentants du personnel, l’intérim se limitant à la gestion des affaires courantes, au détriment d’avancées structurelles.

La question du temps de travail, centrale dans le dialogue social en 2025, est aujourd’hui à l’arrêt. À la suite de la grève de février 2025, première grève locale de l’établissement, la direction a renoncé à imposer son projet d’aménagement du temps de travail et l’a mis en suspens. Elle a toutefois tenté, à la rentrée 2025, d’instaurer une pointeuse et un recalcul des horaires excluant la pause de 20 minutes du temps de travail effectif. Les représentant·es du personnel s’y sont à nouveau opposés et l’organisation actuelle est, à ce stade, maintenue. La direction continue néanmoins d’affirmer qu’aucune avancée sur d’autres dossiers, notamment les rémunérations, ne pourra intervenir sans mise en conformité préalable.

En matière de rémunérations, les discussions demeurent au point mort. Au regard des missions confiées, des compétences requises et des niveaux de qualification exigés, les représentant·es du personnel alertent de longue date sur l’insuffisance des rémunérations. L’hypothèse d’un complément indemnitaire annuel (CIA), jamais instauré à FEI, est régulièrement évoquée sans apparaître satisfaisante en raison de son caractère non pérenne et potentiellement inégalitaire. La prime d’intéressement, longtemps présentée par les directeurs successifs comme une piste possible, est désormais écartée.

La situation est d’autant plus préoccupante que le plafond d’emplois reste fixé à 250, malgré l’élargissement constant des missions. La modification de l’article D.314-52 du Code de l’éducation en décembre dernier, visant à confier à l’établissement une nouvelle mission de distribution de l’examen civique (nouvelle procédure mise en place par le ministère de l’Intérieur pour l’obtention de la nationalité française) – adoptée contre l’avis des représentant·es du personnel – a entraîné l’affectation de postes dédiés, au détriment d’autres services, via des non-renouvellements ou des non-remplacements.

Par ailleurs, l’établissement recourt désormais à des agences d’intérim afin de contourner ce plafond d’emplois. Cette pratique accroît la précarité, multiplie les statuts et fragilise les collectifs de travail.

Dans le même temps, le nombre d’ouvertures de concours ITRF diminue continûment, alors qu’ils constituent un levier essentiel de sécurisation des parcours professionnels. L’établissement est ainsi passé de 11 concours ouverts en 2023 à 3 prévus en 2026, après 8 en 2024 et 5 en 2025.

Enfin, conformément à la loi de finances 2026, la subvention pour charges de service public est de nouveau réduite des deux tiers, dans un contexte national d’austérité. Les effets sont déjà visibles, notamment avec une baisse de 40 % du budget du service de la communication, alors même que les résultats financiers de FEI restent très solides en 2025, grâce notamment aux recettes issues des diplômes et tests de langue.

Une enquête menée à la rentrée 2025 par les représentant·es du personnel, à laquelle environ un tiers des agent·es a répondu, met en évidence un climat social dégradé : 61 % des répondant·es déclaraient vivre une rentrée difficile ou très difficile. Les inquiétudes portent principalement sur l’épuisement professionnel, les projets liés au temps de travail et une défiance croissante envers la direction.

Dans ce contexte d’instabilité durable et de tensions sociales persistantes, la nomination d’un nouveau directeur général suscite de fortes attentes. Nous espérons qu’elle permettra de rétablir un dialogue social constructif, fondé sur l’écoute, la transparence et la reconnaissance du travail des agents, et de reprendre les discussions de fond sur les sujets structurants – emplois, rémunérations, conditions de travail et perspectives professionnelles – indispensables à l’accomplissement des missions de service public de l’établissement.

N° 312 — Janvier-Février 2026

Financement des universités : des assises et des plans sociaux Motion d’actualité adoptée à la commission administrative nationale des 20 et 21 janvier 2026
Cet article est la rubrique 10 sur 18 du Convergences N° 312 — Janvier-Février 2026