Était organisée le mercredi 14 janvier dernier, une réunion à la DGRH consacrée au bilan pour l’année 2024 de la mise en œuvre du plan de requalification de la filière administrative du ministère de l’Éducation nationale.
Ce plan pluriannuel doit être déployé de 2021 à 2026 et vise à augmenter le nombre d’emplois de catégorie A et B et à réduire le nombre d’emplois de catégorie C, à volume constant. C’est-à-dire par la transformation d’emplois de catégorie C en B, et de catégorie B en A.
L’évolution du pyramidage des emplois pour 2024 montre une progression constante des emplois requalifiés depuis 2020 : + 3,3% d’emplois de A et + 3,3% également pour les emplois de B pour plus de 6% d’emplois de C en moins.
Si cette évolution est positive, il n’en demeure pas moins qu’elle est trop lente au regard du nombre concerné, et, surtout, au regard du nombre de ces dizaines de milliers de personnels administratifs (mais aussi parfois ITRF) remplissant des missions relevant du corps supérieur à l’emploi occupé.
Elle est donc largement insuffisante car les objectifs de ce plan pluriannuel débuté en 2021 avait d’emblée un objectif trop faible, largement sans rapport avec le besoin d’une requalification massive des emplois administratifs à l’éducation nationale combinée avec la promotion concomitante des personnels concerné.es.
Pour rappel, le plan prévoit d’atteindre en 2026 – 24% d’emplois de catégorie A, 37% en catégorie B et 39% en C. Autant dire que le problème du décalage missions exercées/ emploi occupé sera loin d’être réglé, notamment pour les collègues Adjointes administratives qui sont bien loin aujourd’hui d’être cantonnées aux seules missions statutaires de leur décret de référence, à savoir des missions d’accueil et/ou d’exécution !
Idem d’ailleurs, pour bon nombre de secrétaires administratifs·ves, secrétaires généraux d’EPLE ou chef·fes de bureaux ou adjoint.es à des chef·fes de service et effectuant des missions d’encadrement ou d’expertise relevant de la catégorie A.
La mise en œuvre du plan aura aussi permis d’augmenter les recrutements dans les catégories A et B, par concours (le nombre de postes mis au concours interne de SAENES était de 381 en 2022 et de 605 en 2024).
Mais aussi par la voie des listes d’aptitude. Pour l’accès au corps des AAE, 326 possibilités ont été réparties entre les académies en 2024 mais elles n’étaient que 161 en 2021 (184 en 2022 et 320 en 2023). Pour l’accès au corps des SAENES, 566 possibilités existaient en 2024 contre 161 en 2021.
Le bilan DGRH pour 2024 établit qu’1/4 des emplois requalifiés en catégorie A (24,3%) sont le fruit de créations, les autres ¾ étant des postes requalifiés.
Seuls 7% environ des emplois requalifiés en B sont des créations pour 93% de postes requalifiés.
La requalification des emplois concomitante à la promotion des personnels semble être donc un usage pratiqué par les directions académiques, en tout cas très majoritairement de C en B. Et c’est une excellente chose, car c’est l’aboutissement d’une revendication historique de notre syndicat !
Pour autant et même si nous avons l’assurance que le plan ira à son terme en 2026 – malgré une Loi de finances marquée par la quasi-absence de crédits ministériels destinés à la revalorisation des personnels de nos filières – cette revendication historique n’est pas prête à s’éteindre !
En effet, il restera sans doute quelques 18 000 Adjoint·es administratives au sein du MEN à l’issue du plan et plusieurs milliers de SAENES dont la situation de décalage missions/emplois n’aura pas été réglée.
Il faut donc que la DGRH ouvre très vite la perspective d’un nouveau plan, au-delà de 2026. Un nouveau plan qui permette l’intégration des AdjAENES dans le corps des SAENES, à la hauteur de leurs missions quotidiennes ainsi que l’accès au corps des AAE pour les SAENES concerné·es.
C’est ce que nous avons revendiqué avec force lors des discussions avec la DGRH concernant l’agenda social 2026 et c’est ce que nous réclamerons au ministre lors d’une prochaine audience.
Et parce que le SNASUB-FSU a le sens de l’intérêt commun, c’est ce que nous revendiquons aussi pour les personnels des autres filières hors-enseignant.es que nous représentons et défendons, celles des collègues ITRF et des Bibliothèques.
La requalif, il nous la faut pour toutes et tous, très vite !

