La situation budgétaire des bibliothèques universitaires françaises est alarmante. L’arrêté du 30 décembre 2024, pris dans le contexte de l’absence de budget voté pour l’État, impose des restrictions drastiques dans les BU françaises qui mettent en péril les missions fondamentales de nos services. Le SNASUB-FSU dénonce avec la plus grande fermeté cette situation inacceptable, qui révèle un désinvestissement chronique dans l’enseignement supérieur et la recherche. Même si les choix de restrictions budgétaires ont été différents d’un SCD à un autre, tout cela a et aura des conséquences à court, moyen et long terme dans les conditions d’études de nos usagers.
Des restrictions budgétaires injustifiables
L’application de l’arrêté du 30 décembre, qui limite les dépenses à 25 % du budget initial, a des conséquences désastreuses pour les bibliothèques universitaires. Plusieurs établissements, comme l’université de Perpignan ou l’université d’Orléans, sont contraints de fonctionner avec des moyens dérisoires, compromettant gravement l’accès aux ressources documentaires pour les étudiants et les chercheurs.
- Gel des acquisitions : L’achat de livres et de revues, qu’ils soient imprimés ou numériques, est suspendu dans de nombreuses bibliothèques. Cette mesure condamne les étudiants à un accès limité aux connaissances et entrave la recherche.
- Suppression d’abonnements : Des abonnements à des ressources numériques essentielles sont interrompus, privant les usagers d’outils indispensables à leur travail.
- Réduction des services : Le prêt entre bibliothèques (PEB) est suspendu quasiment partout, limitant l’accès à des documents disponibles dans d’autres établissements limitant l’accès aux ressources tant pour la pédagogie ou la recherche. Les horaires d’ouverture sont réduits, les projets de formation sont annulés.
Ces restrictions budgétaires sont d’autant plus inacceptables qu’elles interviennent dans un contexte de forte augmentation des coûts des ressources documentaires, en particulier des abonnements numériques. Les bibliothèques sont prises à la gorge, contraintes de faire des choix douloureux qui compromettent leur capacité à répondre aux besoins de leurs usagers. Pour le SNASUB-FSU, il est grand temps de revoir le modèle économique d’accès aux ressources numériques qu’on pourrait qualifier de racket et de confiscation des ressources par un petit nombre au nom d’un libéralisme effréné des plateformes d’éditeurs.
Une autonomie illusoire
On peut noter une situation paradoxale : certaines universités, se prévalant de leur autonomie (RCE), ont pu maintenir leur budget initial, validé par le rectorat. Cependant, cette autonomie est illusoire, car elle repose sur des engagements de modération et sur la nécessité de maintenir l’équilibre budgétaire, quoi qu’il arrive. En cas de baisse de la dotation de l’État, ces universités devront également prendre des mesures d’économie, qui impacteront inévitablement les bibliothèques.
Le SNASUB-FSU rappelle que l’autonomie des universités ne doit pas se traduire par une déresponsabilisation de l’État. L’État doit garantir un financement pérenne et suffisant pour les bibliothèques universitaires, afin qu’elles puissent remplir leurs missions de service public.
Des inégalités accrues
La situation budgétaire actuelle creuse les inégalités entre les établissements. Les universités les plus fragiles sont les plus durement touchées par les restrictions budgétaires, ce qui compromet l’égalité des chances pour les étudiants. Le SNASUB-FSU dénonce cette situation et revendique une répartition équitable des moyens entre les établissements.
Les revendications du SNASUB-FSU
Face à cette situation alarmante, le SNASUB-FSU revendique :
- Le déblocage immédiat des crédits nécessaires au fonctionnement des bibliothèques universitaires.
- Un plan pluriannuel de financement des bibliothèques, garantissant un budget pérenne et suffisant pour répondre aux besoins des étudiants et des chercheurs. Ainsi que le retour d’un budget fléché des moyens documentaires des Bibliothèques universitaires.
- Une politique nationale de soutien à l’acquisition de ressources documentaires, notamment par la négociation de tarifs préférentiels avec les éditeurs.
- La création de postes de titulaires, afin de renforcer les équipes et d’améliorer l’accueil et l’accompagnement des usagers.
- L’investissement prioritairement dans une science ouverte publique
Le SNASUB-FSU appelle l’ensemble des personnels des bibliothèques universitaires à se mobiliser pour défendre leurs droits et leurs missions. La connaissance est un bien commun, et les bibliothèques sont un pilier essentiel de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il est urgent d’agir pour préserver leur avenir.
Sommaire du Convergences N° 304 — Février 2025
- Édito du numéro 304 – Janvier 2025
- Informations générales
- 11ᵉ congrès de la FSU
- Bayrou pire que Barnier !
- Conseil commun de la fonction publique en présence du ministre Marcangeli…
- La FSU et le SNASUB-FSU reçus par Elisabeth Borne
- Évolution des emplois prévus pour les établissements scolaires (BOP 141)
- évolution des emplois prévus pour les services académiques (BOP 214)
- En grève féministe le 8 mars, pour gagner l’égalité !
- Pass Culture / Op@le
- Concours ITRF : bilan de la session 2024
- Redéploiement des emplois informatiques : un marché de dupes
- Budget : la documentation n’est pas une variable d’ajustement
- Dans l’académie d’Orléans-Tours, l’Éducation nationale est en quête d’un nouveau DASEN dans l’Indre (36)
- Lu pour vous